" debout. Dans le bar d'Avignon où j'ai connu ce dimanche soir la fièvre, l'espoir et le chagrin, dans ce bar comme il en existe des milliers en France, nous avons soudain cru que le ciel nous était tombé dessus.
Zidane avait failli marquer d'un coup de tête, Buffon avait fait un miracle, on en était encore coi et voilà que Yadid récidivait dans le thorax de Materazzi. Autour du téléviseur où nous étions une trentaine, nous nous sommes tus, puis nous nous sommes regardés incrédules, deux jeunes amoureux se sont serrés et j'ai cru entendre Marcel, oui Marcel le copain de mon pote blagueur Laurent, qui disait avec l'accent du désespoir: "Pourquoi tu nous fais ça? Materrazzi, c'est sûr, il a dû insulter ta mère, sinon tu n'aurais jamais cédé à cette provocation."
Ce Marcel-là, qui n'est pas celui de mon ami bloggueur,avait sans doute raison. Zidane n'a sans doute pas supporté qu'on porte atteinte à l'honneur de sa mère. Il a frappé, c'était une question de dignité, l'idole en a eu assez d'être embaumé, sanctifié, il s'est affranchi de ses lauriers, comme s'il avait voulu échapper à la rhétorique de TF1 et de Thierry Gilardi, à cette pompe qui plombe. Il y avait la comme l'affirtmation d'une liberté. Et cet acte de voyou, vu ainsi, est assez beau."